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BRAM VAN BREDA (BE) - MATTER OUT OF PLACE, 2O17


Intrus dans un espace blanc

Laissant des taches sur une surface pure

Matière, question déplacée



Qu’est-ce qui nous pousse à définir les choses comment étant sales ou pures?
C’est d’avantage qu’une question d’hygiène. 
Dans son ouvrage « De la souillure », la socio-anthropologiste Mary Douglas décrit la notion de saleté comme toute matière qui ne serait pas à sa place, ou en ordre. Suivant ce raisonnement, la saleté peut devenir une métaphore des conflits sociaux dans la société. 
Elle a toujours été une arme puissante utilisée par de nombreuses sous-cultures comme moyen de provocation et d’opposition à certaines règles culturelles et sociales. Cela en fait un médium intéressant à travailler. 
Nous voyons en la saleté un acte de violence, et pourtant elle est en même temps inhérente à la vie quotidienne.
La pureté n’est rien d’autre qu’une illusion que nous souhaitons conserver, alors que la saleté est imprévisible. 
Comme le pigeon qui s’est introduit dans la vitrine. 
Symbole de liberté et d’innocence. 
Il traverse les frontières mais revient toujours à son port d’attache. 
Malgré cette valeur symbolique, nous voyons le pigeon comme une pollution dans nos villes. 
La vitrine devient ainsi le miroir de notre société contemporaine. Où les frontières sont quotidiennement traversées et où les actes de violence sont la conséquence des déplacements et décalages culturels.
Quelle différence entre le pigeon à l’intérieur de la vitrine et celui à l’extérieur, dans la rue ?

Comme un bricoleur, Bram Van Breda collecte chaque jour objets, matériaux et histoires nourrissant sa création de nouveaux espaces. Dans une perspective plus large, il questionne nos cultures locales et notre environnement investissant les frontières entre art et design.